jeudi 31 juillet 2008
Le Gourmet solitaire - Les Gouttes de Dieu
C'est en allant me perdre et fouiner au rayon Manga de la Fnac, évènement improblable d'ordinaire, que j'ai fait de délicieuses et savoureuses découvertes!
La première découverte gourmande, le Gourmet solitaire , je la dédie à Marie gastronome née et photographe confirmée, expatriée au Japon!
En dévorant parfois parcimonieusement bien malgré moi... ces pages gourmandes pour espacer et faire durer le plaisir, j'imaginais ô combien il devait être agréable de lire ce manga au pays des Nippons puis partir, salivant et gargouillant, à la quête immédiate de ces saveurs et atmosphères décrites si subtilement!
Présentation
Le Gourmet solitaire, ou les déambulations gastronomiques d'un représentant de commerce à travers le japon.
Souvenirs gastronomiques tels la madeleine de Proust version sushi, baguettes et tofu. Pas de saké, le héros ne boit jamais d'alcool.
Le recueil est constitué de très courts récits mettant en scène un homme qui marche et ses démêlés culinaires ; chaque saynète étant prétexte à présenter un lieu ou un plat consommé par le narrateur.
Taniguchi adapte avec brio des nouvelles de Kusumi et, comme à son habitude, se montre observateur avisé de la nature humaine. Le Gourmet solitaire nous balade dans divers restaurants ou gargotes du Japon moderne et nous expose, en plus d’un aperçu appétissant de spécialités culinaires nipponnes, un succédané d’humanité. Notre homme semble être le témoin muet d’un pays qui a parfois du mal à accepter les vertus de la modernité, rétif à la mondialisation et affichant certaines attitudes racistes ancestrales. Les auteurs semblent regretter ces attitudes et prônent une approche plus respectueuse de l’humanité qui se construit sur des valeurs transmises par les générations passées.
Un album à déguster à petites doses, calmement, comme un repas que l’on aurait plaisir à partager avec les gens que l’on aime. (par Erik Kempinaire)
Résumé
"On ne sait presque rien de lui. Il travaille dans le commerce, mais ce n'est pas un homme pressé ; il aime les femmes, mais préfère vivre seul ; c'est un gastronome, mais il apprécie par-dessus tout la cuisine simple des quartiers populaires... Cet homme, c'est le gourmet solitaire.
Imaginé par Masayuki Kusumi, ce personnage hors du commun prend vie sous la plume de Jirô Taniguchi, sur un mode de récit proche de l'Homme qui marche : chaque histoire l'amène ainsi à goûter un plat typiquement japonais, faisant renaître en lui des souvenirs enfouis, émerger des pensées neuves ou suscitant de furtives rencontres. Ainsi la visite d'un sushi-bar au milieu de l'après-midi lui fait-il voir d'un autre oeil les innocentes ménagères qui fréquentent le lieu, ou prend-il conscience, à l'occasion du match de Base-ball, des vertus tonifiantes du curry."
Je recommande à...
... tous ceux qui seraient "hostiles" aux mangas, les dessins sont fins et réalistes, les descriptions parfaites!
... tous les gastronomes curieux qui découvriront le Japon par le biais de ses multiples plats tokyoites!
... tous les Japonais en France, nostalgiques de la cuisine de leur pays!
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La seconde découverte, plus enivrante, Les Gouttes de Dieu, je la dédicace à Ph'lip, un passionné d'oenologie qu'on imaginerait bien accoudé au comptoir de son propre bar à vins!

Les Gouttes de Dieu, éd. Glénat (15 volumes)
Synopsis
Un jeune homme qui tente de résoudre 12 énigmes que son père, sommelier renommé, a laissé dans son testament. Bien sûr toutes les énigmes sont à caractère œnologique.
Un très bon moyen de découvrir les plus grands noms des vins français: Echézeaux, Chambolle Musigny, Romanée Conti, Chassagne Montrachet, Vosne Romanée, Nuits Saint-Georges, Château Lagrange, Château La Mission Haut Brion, Château Latour, Château Margaux, Château Yquem, etc...
Présentation de l'éditeur
Fils d'un œnologue reconnu, Shizuku Kanzaki n'a aucun goût pour le vin. Malheureusement, son père décède et, alors qu'il pensait profiter tranquillement de son héritage, Shizuku découvre qu'il a un frère adoptif. Pire, le testament de son père les met au défi de découvrir douze grands crus ainsi que le meilleur de tous, Les Gouttes de Dieu. Shizuku lancé sur une enquête d'un nouveau genre, au beau milieu des vins, des cépages et des saveurs...
Avec Les Gouttes de Dieu, manga publié par Glénat, les Japonais s’emparent d’un de nos fleurons culturels, l’œnologie, et réussissent à nous en remontrer en termes de possibilités narratives et graphiques concernant l’évocation des sensations provoquées par le vin. Une lecture procurant une réjouissance comparable à celle qui transpire des propos de Michel Dovaz, expert dans ce domaine, sollicité pour préfacer cette gouleyante série...
Cette intrigue d’une redoutable efficacité est signée par le duo de scénaristes dénommé Tadashi Agi. En fait un frère et une sœur s’étant déjà signalés sous un autre pseudonyme, Yûya Aoki, avec Get Backers (Pika, 2003). Ils font preuve ici d’un remarquable travail de recherche sur le terrain, effectué dans des régions de production vinicole comme le Bordelais ou la Bourgogne. Tandis que leur capacité d’évocation des vins cités dans le cours du récit, se référant avec originalité à la peinture ou à la musique, parle à l’affectif. Sans jamais confiner à la leçon austère, d’où son accessibilité pour le lecteur néophyte. La dessinatrice Shu Okimoto ne réussissant pas moins à traduire graphiquement, avec un certain brio, la poésie du vin.
(par Florian Rubis)
Je recommande à...
... tous les amateurs de vins, néophytes ou confirmés! Cette collection manga est une invitation dans un monde oenologique subtil mais accessible, un véritable parcours initiatique entre suspense et hédonisme! On regrette seulement que les volumes suivants ne soient pas encore disponibles en France! Mon verre est vide et j'ai lu tous les livres...
Tome 1 : déjà paru
Lorsque le prestigieux œnologue Yutaka Kanzaki décède, son testament est clair : son extraordinaire cave reviendra à celui de ses deux fils qui résoudra 12 énigmes concernant 12 vins. Il découvrira alors un 13e et mystérieux vin, inconnu de tous, surnommé « Les Gouttes de Dieu ». Une chasse au trésor sous forme d’enquête policière va confronter les deux frères aux caractères et parcours opposés… Mystères et investigations se succèdent autour des crus les plus prestigieux, pour les deux frères ennemis qui se livrent à une véritable course-poursuite. Au travers de cette affrontement, le scénario conduit le lecteur dans une découverte de l’univers du vin, son langage, ses particularités, ses traditions.
Tome 2 : déjà paru
Lorsque Yutaka Kanzaki, oenologue mondialement connu, décède, le monde du vin est en émoi. En effet, le maître possède l’une des plus extraordinaire cave dont on puisse rêver. Shimizu Kanzaki, le fils du maître, lui, n’est en rien un amateur de vin. Tout le contraire de son frère, le sombre Issei, fils adoptif du maître, qui a suivi une brillante carrière de sommelier. À qui reviendra la cave de Yutaka Kanzaki ? Le testament du maître est clair : à celui des deux frères qui résoudra 12 énigmes sur 12 vins, et découvrira quel est ce 13e et mystérieux vin, inconnu de tous, et que le maître surnomma « les gouttes de dieu ».
Ce titre attrayant et grand public est déjà un succès mondial, avec plusieurs millions de volumes vendus par le monde, séduisant tant les amateurs de manga, les amateurs de vins que les amateurs d’histoires à intrigues.
Tome 3 : à paraître le 27/08/08
Shizuku fait la connaissance d’un restaurateur dont la réputation a été ternie par Issei, son rival oenologue et critique gastronomique ! Ce dernier a publié un article ravageur sur l’établissement car le choix des vins y était décevant. Il apprend que sa femme, aujourd’hui décédée, était une oenologue de renom. Depuis sa disparition, l’alliance entre les mets et les vins s’en trouve déséquilibrée, à l’image de la relation du père avec sa fille, la belle Suzuka. Notre héros changera-t-il la donne ?
Ce titre attrayant et grand public, séduisant tant les amateurs de manga, les amateurs de vin que les amateurs d’histoires à intrigues, est déjà un succès mondial avec plusieurs millions de volum es vendus. Au scénario, un maître du polar (auteur des Enquêtes de Kindaichi entre autres), et au dessin, un dessinateur semi-réaliste inspiré, qui à eux deux donnent ses lettres de noblesse à cette BD au parfum français.
Tome 4 : à paraître le 08/10/08
Shizuku est interpellé par Maki Saionji, la compagne de son rival Tomine, qui lui propose de relever un défi : déguster et comparer 100 vins français et italiens à l’aveugle ! Mais il n’est pas au bout de ses surprises : il tombe enfin sur la piste du premier des 12 vins secrets qu’il doit découvrir, aidé en cela par le tableau d’une jeune artiste au décor étrangement familier. Celle-ci a bel et bien goûté le vin, mais elle n’en a gardé aucun souvenir depuis un terrible accident il y a huit ans…
Tome 5 :
Cette fois, Shizuku est bel et bien sur le point de trouver le premier des 12 vins « divins » ! Mais pour cela il a besoin de l’aide de Kaori, une artiste peintre qui l’aurait jadis goûté avant de devenir amnésique. Shizuku n’en percera le secret qu’après avoir exhumé le triste passé de la jeune femme. Et c’est en buvant un bourgogne qu’elle laisse finalement éclater son émotion… Pendant ce temps, son rival Tomine suit sa propre piste et se rend dans un sanctuaire Shinto isolé en pleine nature…
Pour plus d'informations : Glénat le Meilleur du Manga
Et si vous voulez compléter votre collection oenologique manganesque, dégustez sans modération les 6 volumes du Sommelier ! (la collection est terminée donc aucune frustration!)
Joe Satake est un sommelier japonais résident en France, dont les talents font nombre d'envieux (y compris dans son pays natal). Beaucoup de chefs et de responsables d'établissement aimeraient jouir de ses talents. Capable de deviner le provenance et l'année de n'importe quel cru, ce héros flegmatique et élégant trouve aussi le temps de déjouer les complots, de résoudre les affaires de meurtres, et de faire chavirer le coeur des belles qui passent à sa portée.
Un manga sur le vin, c'est une première en France! Au Japon, Sommelier est déjà devenu une référence; Sa renommée est d'ailleurs telle qu'il a contribué à la promotion du vin (au détriment du saké), et fait de certains, comme le Pinot Noir, de véritables vedettes. Cette série originale et inspirée est destinée à un large public, même si au Japon, les frasques du beau Satake ont passionné particulièrement les jeunes femmes.
vendredi 25 juillet 2008
En attendant...
... de nombreux commentaires croustillants sur... non pas mes vacances relaxantes mais... ma première expérience en cuisine éreintante... je vous souhaite des congés d'été riches en couleurs et saveurs avec tous les petits bonheurs qui les accompagnent!
A très vite pour de nouvelles bulles OooooOooo°°°°oooOOOOo°°°oO
mercredi 23 juillet 2008
Un filet de Saint Pierre un peu fort?
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Saint Pierre... sans jamais oser lui demander!
z'avez raison moi aussi j'aurais hésité...
On vous livre tout... ou presque!
Pourquoi le filet de Saint Pierre était-il fort?
Euch Ma Bonne Dame, vous tenez vraiment à ce que je vous raconte l'histoire de ce pauvre poisson débarqué dans les coulisses à la criée du soir ? Vous aussi, si 'zaviez connu la mer, la galère, la terre, l'air, la banquise, le sous vide et à nouveau les courants d'air vous ne seriez plus très fraîche!
Question pour un phare béton:
Le sous vide, assure-t-il un sursis à la poiscaille avant la mise en bouche finale ? Autrement dit, le sous vide rallonge-t-il la DLC d'un poisson cru qu'en a connu des grosses galères?
[Extrait du site Saveurs du Monde]
Informations générales
Appartenant à l'ordre des Zéiformes, famille des Zéidés, ce poisson à corps haut et comprimé est marqué d'une tache circulaire sombre sur ses flancs. La légende dit que Saint-Pierre, premier évêque de la chrétienté, attrapa un jour le poisson sur l'ordre du Christ pour retirer de sa bouche une pièce d'or. L'empreinte de son pouce est demeurée et s'est perpétuée de génération en génération et le poisson porte toujours un gros point noir sur ses flancs! C'est ce que raconte la bible mais la mer de Galilée n'est pas l'habitat de ce poisson.
Ovale, la tête large et la bouche énorme, il peut atteindre 65 cm de long en Australie et peser 3 kilos mais il se tient généralement entre 30 et 50 cm. Sa peau est de couleur bronze avec des reflets argentés. On le retrouve un peu partout le long des côtes rocheuses. En Australie, il fréquente les eaux méridionales et c'est un des poissons les plus populaires au pays. Il habite les profondeurs jusqu'à 100 m. et on le pêche généralement tard en été et à l'automne.
En Europe, le Saint Pierre peut atteindre 80 cm et peser jusqu'à 8 Kg ! Il vit solitaire ou en petits groupes sur les fonds sableux du plateau continental de la Norvège à la Méditerranée. Commun aux eaux tempérées, c'est un poisson qui chasse à l'affût et se nourrit de petits poissons, de seiches et de crustacés.
Achat et conservation
Puisque la tête, les nageoires et les arêtes comptent pour presque 60% du poids, il faut calculer qu'un poisson entier ne peut pas contenir plus de 3-4 portions. La peau doit être brillante, lustrée, les yeux bien sortis de la tête, la chair ferme et sans odeur. Les filets ne doivent pas présenter de taches et aucun suintement.
Enveloppé d'une pellicule plastique, placé dans un contenant hermétique, on peut le réfrigérer 2-3 jours et jusqu'à 6 mois au congélateur.
Bien cuisiner
C'est un des poissons les plus délectables de la mer, raffiné, délicat et le plaisir des grands chefs. Avant de nettoyer votre saint-pierre la première chose à faire est de couper avec des ciseaux l'épine dorsale, dont les piqûres sont réellement douloureuses. Ensuite, vous ne craignez plus rien et pouvez vous concentrer sur la préparation.
- Puisque la chair est délicate, il est mieux de cuire le poisson dans sa peau pour la protéger
- cuire vapeur, poché, au four ou poêlé en douceur
- sur le barbecue, enveloppé de papier aluminium
- servir avec des sauces légères et des légumes doux.
Les jeunes saint-pierre sont les meilleurs; la chair est délicate et toute en finesse. Ils requièrent une préparation légère.
Les gros saint-pierre acceptent une préparation moins subtile et peuvent être servis à toutes les sauces!
jeudi 17 juillet 2008
CéKiKivaKcéDéZèf?
Comment faire une omelette en cassant 3 zèfs?
Pour mon plus grand bonheur, le midi le restaurant propose des omelettes végétariennes...
Du haut de ma médiocre expérience de cuisinière (et si je mettais des talons aiguilles affûtés et aiguisés? ou au moins des plate forme shoes, ne serait-ce que pour atteindre les casseroles qui pendent au dessus de ma tête?... telles des épées de Damoclès!), je crois que c'est bien l'une des épreuves que je redoute le plus car c'est en arrivant en formation cuisine à Ferrandi que j'ai découvert que ce que j'appelais communément et ordinairement "omelette" voire "home-lette" car y a qu'à la maison qu'on fait des trucs pareils, était en fait une vulgaire crêpe ou galette aux oeufs, genre tortilla espagnole dorée voire cramée!
La pratique et l'exigence professionnelle veut que l'omelette soit roulée, non marquée et moelleuse ou baveuse!
Bon je vous livre quelle version? La Référence? La Sienne*? La Mienne?
Bah la mienne en plein service, revue et corrigée à la lumière de la grande Bible!
* j'ai eu l'immense honneur d'assister une seule et unique fois à la confection de l'omelette roulée du big Boss et là, je tire mon chapeau rond de Breton, on reconnaît la maîtrise due à des années de pratique. Faut savoir complimenter même quand on apprécie pas les gens ;-p
Entendu au passe et en coulisse...
... 2 couverts! 2 omelettes en direct!
... Plouf plouf plouf qui de Cloclo et moi va se coltiner et coaguler les zèfs pour en faire des omelettes parfaites? le Second ou la Commize d'office?
... Eh mince, encore perdu... Bon bah yapukafôcon... Allez on envoie 6 zèfs! Hey Cloclo t'as quoi dans ta boutique pour garnir mes omelettes? Un peu de chi un peu de cha? Bon bah yapukafôkjeuuuuh...
Alors humpffff comment que j'vais m'y p(r)endre...
D'jà pas bête la gonz', je casse 2x3 zèfs dans deux récipients pour respecter l'équité entre les clients végétariens affamés, et au lieu de remuer gentiment à la fourchette ben nan, je brandis le bras plongeur comme le grand Zhef y m'a montré... ouaich... j'ai le bras long!
J'assaisonne de salt 'n pepper, et là, grand moment! NE PAS SE TROMPER DE SAUTEUSE! Elle a une place bien précise dans la batterie et s'agit de pas se planter pour pas se faire re-baptiser Arthurette! D'jà qu'après deux semaines de service je me fais encore appeler Framboise ou Françoise!
Je me saisis donc de Ze Poêle du Ouineur-Omeletteur, dans laquelle je mets une noix de beurre histoire d'être sûre que rien ne colle (la bible conseille du beurre clarifié ou un mix beurre-huile), je chauffe et fais blondir, puis hop je verse d'un seul coup d'un seul les 3 oeufs mixés!
Puis... concentrée et d'une humeur massacrante à arracher un bout de fesse car j'ai perdu au jeu du "CékikivaKcédézèf" et chuis d'jà honteuse de c'que j'vais présenter au passe, je remue délicatement avec le dos de la fourchette, je décolle les bords, ramène au centre (je ne vanne pas car j'ai pas encore les gestes des grands pro', enfin si, je vanne mais c'est pas pareil dans mon langage) et quand j'atteins la pseudo consistance souhaitée (j'ai tellement peur de la marquer que je stoppe sa cuisson un peu trop tôt) je garnis une moitié avec les légumes que j'ai sous la main...
Et... le finish! J'ai préparé mon assiette de sortie, je me contorsionne et penche ma sauteuse pour replier l'omelette gavée sans la casser ouaich je suis loin du stade où l'homme-lette se déplace et se roule d'elle même par la magie du simple d'esprit! je me contente de la replier en 2 et pis comme ça, le client y voit la garnitureuuhh...
... TAAaaadaaaam... Abracadabra Cric Craaac BAadabouuum... en v'là une om'lett' bien baveuse dégoulinante! J'éponge et je prends soin d'y ajouter le cache misère (1 monticule de feuilles de salade vinaigrées, 8 croûtons dorés et 3 demi tomates cerises!)
Bon 'zaurez compris que n'ayant à disposition qu'une seule sauteuse, j'ai du réitérer l'opé chrirugicale une seconde fois pour mon plus grand bonheur! M'enfin je me dis que j'aurais préféré m'entrainer avant de présenter ça à de vrais clients en plein vrai service! C'est pas très pro tout de même...
mardi 8 juillet 2008
Le monde englouti et le salaire de la peur
A la découverte du monde englouti...
Le Jour J... Fraîche et pétillante...
C'est le genou tremblant que j'me dirige vers le restaurant qui m'ouvre ses portes et les coulisses de sa cuisine pour un mois et éventuellement plus! De nature toujours prudente, je me dis "f'zons l'point à la fin du mois pis nous aviserons..." J'ai bien fait!
J'arrive donc... Youhouuu y a quelqu'un?... personne... nobody... ok... je patiente... ah v'là une charmante personne, Davina, qui me demande de re-patienter et de prendre un café en face... ok... le patron arrive... pas vraiment d'accueil ni même de présentation, doit être rudement préoccupé l' patron!
Hop l'autre chef, un blondinet aux yeux bleus, arrive et surpris de ma présence, essaie de m'expliquer le fonctionnement de la boutique... pendant que le grand patron s'affaire à des choses bien plus importantes que celle d'accueillir la nouvelle recrue, logique!
'Ttention faut surtout bien mettre ça à cette place parce que sinon le chef va crier, et nous on veut pas qu'il nous crie dessus, ok? Euh ok...
Bah je mets la main à la pâte, l'équipe m'a l'air fort sympathique, nous partageons notre 1er repas, j'espére que les suivants ne seront pas les mêmes, on goûte du bout des lèvres et puis bah on se lance, faut tenir le coup! Me voilà donc fin prête, gavée jusqu'aux dents pour faire mon premier service, la toque vissée sur la tête!
Et hop là! Taadaam! Bon bah ça s'est bien passé, j'ai encore du mal à piger le fonctionnement du tableau entre la salle et la cuisine... Mais bon, c'est une gymnastique mentale à intégrer, faut juste faire des soustractions et se souvenir que ce qui est pas écrit correspond dans la première case au potage froid et dans la seconde à la première entrée ... logique!
Quelques jours plus tard... Chambrée et dégazéifiée, voire carrément plate...
Quand même faut pas avoir honte de montrer l'envers du décor devant les yeux arrondis habituellement plissés d'une étrangère dont on ne connaît rien je pourrais travailler aux RG ou à l'inspection du travail! 's'pourrait même que chois Agente s'crète? Gnia gnia gnia... Y a des pièges à souris partout au moins c'est signe qu'on les chasse! Les toilettes ressemblent à une visite des catacombes... j'pense pas être une pimpêche snobinarde alors j'm'arrête pas à ces menus détails et pis j'ai déjà fait du camping! En tout cas, y a un super challenge pour les grandes marques de lessives qui sortiraient blafardes de l'épreuve tant le linge qui entre dans le tambour ressort gris après maintes tours de manège! Euh on leur dit qu'il faudrait augmenter la température? T'es folle ou quoi! Ca coûte trop cher!... logique!
Bah finalement le grand chef, je le croise quasiment jamais, enfin si... le matin quand je passe la tête par la fenêtre et que je le salue... et pis là, il réagit pas ou à peine, il marmonne un truc incompréhensible sans même me regarder... mais c'est bien normal, il est très occupé et très stressé le patron... logique!
C'est quand même dommage, j'pensais apprendre un tas de trucs à ses côtés, c'est d'ailleurs ce qu'il m'avait annoncé lors de notre dernière entrevue... Pas grave j'ai déjà pas mal de pain sur la planche! et pis je me transforme facilement en Bob l'Eponge, j'absorbe tout ce que je vois, entends... même ce qui me concerne de près ou de loin... p'têt que je devrais pas d'ailleurs... Bah autant faire le plein et son maximum pendant ce mois-ci, logique!
Le contrat de confiance et le salaire de la peur...
Hey oh, on se réveille copine! On n'est pas chez Darty!!!
Ah bon... Bah j'croyais... Incident de parcours, j'ma chuis trompée de ch'min!
Et au fait si je trouve moins cher ailleurs, j'ai droit à la bouteille de champ'?
Hummmmm je crois... que je vais me barrer... ça va pas être possible, c'est contraire à mon éthique, mes valeurs, mes principes, continuer en ce sens c'est en quelque sorte accepter, entretenir, soutenir ce système... Mon Dieu, j'viens à peine de commencer ce job en restauration que déjà je me surprends presque à faire des petites croix sur mon calendrier juilletiste.
Comment se fait-il que le sourire et l'excitation du début m'aient déjà abandonnée?
Explication 1
Les discussions transparentes au sein de l'équipe auraient -elles fait germer des doutes dans mon esprit et même si jusqu'à présent je n'ai souffert d'aucun mauvais traitement de la part du hiérarchique, j'appréhende déjà ses crises de colère dont la réputation ferait trembler n'importe quelle personne innocente qui fait ses premiers pas en cuisine...
Info ou intox, à c'qui paraît, il balance des piles d'assiettes par terre avant le service pour exprimer son mécontentement, fait d'une russe en cuivre une casserole en carton pâte pour décharger sa hargne et sa colère! et là on m'a filé la photo!
Explication 2
Hum voilà une semaine que je travaille d'arrache pied, et j'ai même appris à faire des siestes pendant la coupure de manière à tenir le coup pour le second service...
Mais si j'avais un accident? c'est si vite arrivé dans ce milieu surtout quand on a un escalier en colimasson hyper ultra giga exigü! Comment serais-je couverte? vu que je n'ai toujours pas reçu mes papiers?
Bon l'est grand temps que je lui re-demande mon contrat de travail pour le mois de juillet...
Bô on n'avait dit que t'étais en stage, hein?
Non Monsieur vous faites erreur, j'avais précisé que je cherchais un travail rémunéré.
Ah ouais, bô bah t'es commis, hein?! bô alors t'es au SMIC, hein?!
Oui Monsieur, c'est bien cela qui était convenu.
Entre temps... j'apprends que le salaire convenu est rediscuté-renégocié, même lorsqu'il est écrit noir sur blanc... Humpffff ben d'jà que je fais des horaires de ouf, alors si chuis même pas payée une misère, me reste plus qu'à faire du bénévolat et à jouer au loto pour retirer mes gains!
Picsou aurait-il des oursins dans les popoches l'empêchant de sortir les sousous pour les papattes des toutous?
Bref je vous passe les pires comme les... pires! Tout cela ne fait qu'éveiller ma méfiance et ma prudence, en ni une ni deux, je suis sur mes gardes, l'oeil alerte! Wouarf!
Explication 3
Quelques jours plus tard...
Tiens un CDI daté de mai 2008...
Tiens je suis une commis de cuisine reconvertie en "demi chef de partie cuisine et pâtisserie" alors que nous ne sommes que 3 en cuisine pour le service... mais où sont les parties, où sont les chefs et les autres demis? mais où est donc passée la compagnie de commis?
Tiens chuis au forfait jours... compte tenu de mon autonomie, je serai rémunérée selon le principe du forfait jour, chaque journée non travaillée sera déduite du salaire au prorata des jours de travail de la période...
Tiens obligation professionnelle... observer le réglement intérieur, toutes les instructions ou consignes particulières qui me seront données... euh je les aurai quand? à la fin du mois, et la convention collective, elle apparaît où? euh y a quelqu'un?!!!
Bon avant de signer quoique ce soit, qui plus est un morceau de papier qui me semble chelou, vais faire un tour à l'école pour demander conseil à des experts parce que moi le droit du travail, j'ai séché quand j'étais à l'école... et je regrette...
Sur place avant d'emporter...
Quelle bonne tranche de fou rire... un peu jaune quand même!
Le verdict: je suis apparemment en possession d'un document rare, paranormal et surréaliste! Hum ça doit sûrement se négocier bien gras sur le marché parallèle! Il n'est non pas truffé d'incohérences, il est tout simplement creux et nébuleux, c'est bien ma veine!
Après quelques conseils avisés, une remise à niveau accélérée de mes connaissances en droit du travail (taux horaire du smic, tarif de chaque "repas-au lance-pierre qui nous achèvera"...), je repars plus sereine Flo, tu te fais sans doute entuber mais au moins t'es prévenue!
Conclusion
Bon je signe ce foutu CDI car je sais que je vais le rompre à la fin du mois! Pfiouuuu c'est très très logique tout cela!
Parce qu'on n'est jamais suffisamment informé
... et que ça peut toujours être utile
... et qu'accessoirement on peut jouer au KIKATOUBON ! *
Extrait de la convention collective nationale
des Hôtels, Cafés, Restaurants, HCR
* Le but du jeu étant de vérifier la présence des mentions obligatoires devant figurer sur son contrat de travail. Pour ma part j'ai atteint, non sans mal, un petit 6,5 sur 11 ! c'est moins bien qu'au CAP, normal mon contrat était pipé d'entrée de jeu ;-p
samedi 5 juillet 2008
La malédiction du phare béton
... ou comment réussir un far breton en 10 leçons !
A mon arrivée dans les coulisses de la cuisine, j'ai vite découvert qu'il planait comme une espèce de guigne, de grosse poisse autour de l'une des préparations "phare" de l'établissement d'en face... Allez savoir pourquoi mais il était quasi impossible de réussir du premier coup la recette du far breton aux pruneaux malgré les 3 recettes mises à disposition du personnel dans le classeur aux feuilles volantes, à l'écriture extraterrestre et au toucher poisseux. Nous avions pourtant tout sous la main pour réussir! ' Comprends pas...
Chacune not' tour avec Linda, sous l'oeil vigilant de Cloclo, nous tentions de déchiffrer le manuscrit et retranscrire au mieux les instructions. Le résultat de nos expérimentations passait en salle de dégustation où le grand maître annonçait son verdict! trop flan, trop béton, trop-pas assez cuit ... bref direction la poubelle... triste faim... pour le phare béton!
Pffff y avait tjs un 'blème avec les recettes, le four... et on ne savait pas pourquoi! Jusqu'à cette matinée maussade où après maintes incantations et prières, je fus exorcisée ou touchée par le feu sacré de la Bretagne! Le résultat fut beaucoup moins grotesque que d'habitude et obtint l'approbation du grand chef, pfiouuuu. Linda avait bien tenté une recette de far nippon mais sa recette n'a pas convaincu, recalée car trop flan! (sa base était une crème patissière)
Bref la conséquence de ce succès aussi inespéré qu'inattendu fut une belle promotion, celle de "préposée au far breton" ! Waouhhh! Du coup chaque matin, je confectionnais le far, en suivant scrupuleusement à la lettre et très attentivement les dernières instructions du chef... sans broncher, sans sourciller, sans même émettre une suggestion d'amélioration...
Mais au fait, quel goût doit avoir un bon, un excellent far breton?
Quelle doit être sa texture? proche de celle du flan, du clafoutis, du cannelé? ou tout simplement celle du far?
Mérite-il que l'on se prenne des envolées verbales et sauvages et que l'on ouvre un concours de meilleur ouvrier de far breton pour gagner un chapeau rond ?
Ze Recipe from poor memory... follow me and let's go to Britanny!
10 oeufs
1 pincée de sel
1 sachet de levure chimique
2-3 sachets de sucre vanille
250 g de sucre
250 g de farine
50 g de beurre fondu
1,5 l de lait
500 g de pruneaux dénoyautés et macérés dans un alcool fort (rhum, calva, armagnac)
Ajouter progressivement les ingrédients dans l'ordre indiqué dans une jatte, mélanger jusqu'à obtention d'un appareil lisse et homogène.
Disposer les pruneaux* dans un grand plat rectangulaire préalablement beurré ou huilé, recouvrir avec l'appareil à crème puis enfourner à... la recette indiquait 35 minutes à 200°, mais il s'est avéré que le temps de cuisson était plus proche d'une heure voire plus!
Dans tous les cas, vérifier l'appoint de cuisson à la pointe du couteau et/ou en remuant le plat sans que la préparation ait la tremblote!
* pourquoi ne pas les fariner et les incorporer à la préparation et ainsi éviter qu'ils soient scrabouillés au fond du plat? je me suis bien gardée de faire part de cette remarque innocente au grand chef.

